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May 18 2010 Midnight branleur tumblr_100.jpg

Image, magie

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LES PREUVES DE L’INEXISTENCE DE BERNARD-HENRI LEVY

par

JEAN-BAPTISTE BOTUL


Tout chez toi est imaginaire (…) Ton inexistence morale, chevalier du
vide, révèle l’inexistence, sous l’armure, des croisés de notre génération
blanche. Et cette inexistence est inscrite en tes initiales, BHL. Tu n’as même
pas de nom à toi, rien qu’un sigle, comme RATP ou SNCF.
Guy Hocquenghem

J’imagine ton étonnement ou ton incrédulité, cher lecteur. Comment, Bernard-Henri Levy n’existerait pas ? Certes, le personnage qui signe livres et articles sous ce nom, qui se répand sur le petit écran, qui voyage de part le vaste monde, qui épouse des actrices, qui correspond par courriel avec un célèbre romancier, et même réalise des films nous est bien connu. S’il se trouvait encore à ce jour une seule personne digne de foi déclarant ne pas connaître Bernard-Henri Levy, il faudrait en conclure : premièrement, elle n’est pas équipée d’un poste de télévision ; secondement, elle n’a jamais mis les pieds dans une salle d’attente de médecin ou de de dentiste, ni même pénétré dans l’échoppe d’un coiffeur (à moins qu’elle ne préfère, dans l’une ou l’autre de ces situations, la lecture de mes ouvrages ou celle des livres de mes confrères, tous genres confondus, à celle des magazines sur papier glacé proposée aux patients et clients) ; troisièmement, elle est sourde ou aveugle, ou bien, plus grave, elle ignore également l’existence d’Arielle Dombasle !
Et puis, ne reconnaît-on pas un grand penseur, un grand écrivain, ou un grand tout court dans sa spécialité, à un détail physique, vestimentaire, ou autre qui, comme diraient certains, fait tellement sens qu’il finit par devenir une sorte de signature. Il y a la barbe du père Hugo, le béret de Mac-Orlan, le strabisme de Sartre, le turban de Beauvoir, la cigarette de Malraux (quoique, par les temps qui courent…), la moustache de Brassens, l’imperméable de Monsieur Hulot, la démarche de Chaplin, la pipe de Simenon (là aussi…), la barbe de trois jours de Gainsbourg, la voix de Mauriac, le chapeau de Mme de Fontenay, l’air abruti à la télévision de Michel Houellebecq, la frange des Beatles, etc., etc., et la chemise blanche décolletée de BHL. Sauf qu’ici - excusez du peu ! - cette fameuse chemise recouvre le buste d’une marionnette (d’un acteur ou d’un prête-nom, si vous préférez).
Le secret était bien gardé, je n’en disconviens pas. Pourquoi n’a-t-il pas été éventé plus tôt ? Oui, bonne question. Pourtant ont paru depuis 2004 plusieurs livres, essai biographique, biographie, enquête, tous à charge sur Bernard-Henri Levy. Et aucun de ces ouvrages ne comporte la moindre révélation sur ce sujet. Comment l’expliquer ? Tout d’abord je trouve ces livres fort utiles. Je me suis d’ailleurs référé à l’un ou l’autre d’entre eux pour écrire quelques unes des pages de ces Preuves. Cependant leurs auteurs n’en tirent pas la conclusion qui devrait normalement s’imposer (qui m’est apparue peu à peu en recoupant ces lectures avec des informations communiquées ici ou là sur le personnage, et en me livrant à une enquête personnelle) : à savoir, l’inexistence de Bernard-Henri Levy. Il semblerait pourtant que ces auteurs en soient informés. Certaines lignes, quelquefois, le laisseraient supposer. Tout comme on a pu lire, ou entendre chez des commentateurs pas trop bien disposés envers BHL des propos qui mettaient la puce à l’oreille, sinon plus. Je n’en citerai qu’un, pour l’instant. Je fus à mon corps défendant l’objet et le prétexte de cette fameuse affaire “Botul-BHL” dont on a abondamment parlé en ce début d’année 2010. A ce sujet, lors de l’émission “On n’est pas couché”, à laquelle était invité Bernard-Henri Levy, venu présenter ses derniers ouvrages dans le contexte très particulier de cette “affaire”, l’un des chroniqueurs, Éric Naulleau, eut toutes les peines du monde à placer cette phrase, très significative : “Quand j’ai appris que vous vous étiez référé à un philosophe imaginaire, j’ai cru qu’il s’agissait d’une autobiographie”. Tout était dit, en quelque sorte. Mais l’a-t-on retenu ? J’en doute, car le personnage connu sous le nom de Bernard-Henri Levy, un court instant déstabilisé (sachant que pareille attaque frontale est rarissime en ce qui le concerne), s’efforça ensuite de noyer le poisson avec la dextérité qu’on lui connaît dans ce genre d’exercice.
Pour revenir aux auteurs des ouvrages “à charge” sur BHL, tous, sans exception, reconnaissent au moins un mérite au personnage faisant l’objet de leur recherche biographique ou de leur enquête. Nous avons là une partie de la réponse à la question que je posais plus haut. Car, pour ma part, je ne vois pas ce qui pourrait être défendu, ni même sauvé dans les livres, activités ou prises de position du label BHL. Il est vrai que ces auteurs sont tous journalistes. Moi pas. Comme l’attestent mes ouvrages et le confirment mes biographes, je suis philosophe. On sait, plusieurs exemples nous sont donnés par ces mêmes auteurs, que l’entreprise BHL a parfois recours à l’intimidation pour empêcher la divulgation de faits qui pourraient lui porter ombrage, la ridiculiser ou la confondre. Pourtant il n’a pas manqué depuis plus de trente ans de philosophes, historiens, chercheurs, écrivains, pour appeler un chat un chat et Bernard-Henri Levy une baudruche ou une imposture. Contre ceux-ci le pouvoir d’intimidation ou les mesures de rétorsion du système BHL sont inopérants : l’Université ou encore l’édition indépendante ne relevant pas de cette zone d’influence. Comme on le verra dans le détail il n’y a pas de salut, ni même d’existence possible en dehors des médias pour l’entreprise BHL. Celle-ci excipera de la faible surface médiatique de ces philosophes, historiens, chercheurs ou écrivains pour relativiser leur importance et ne pas en faire trop de cas. Ou alors, piquée à vif, elle entonnera le grand air de la théorie du complot. En revanche, dans cette logique toujours, les journalistes paraissent plus exposés. Ici le pouvoir d’emprise et d’intimidation de la BHL connexion s’exerce pleinement. Plus ou moins certes selon les époques, les situations, les dépendances ou les rapports de force. Mais si j’ajoute que la plupart des “grands médias” sont la propriété des “amis” de l’entreprise BHL on comprendra qu’ici les velléités critiques se réduisent généralement à une peau de chagrin.
Ceci étant, la question mérite d’être reposée : pourquoi suis-je donc le premier, moi Jean-Baptiste Botul, à écrire cette vérité-là, fondamentale, sur le personnage ? Quelques uns de mes confrères philosophes, ou des historiens, des écrivains, auraient autant que moi les moyens de prouver l’inexistence de BHL. Certains d’entre eux lui ont, au fil des publications ou selon les circonstances, nullement ménagé leurs critiques ou sarcasmes. Cependant ces critiques ou ces railleries s’adressaient à un livre ou une intervention de BHL, et en restaient là. Pour savoir ce que cachait ce sigle il aurait fallu se livrer à l’investigation que j’ai évoquée un peu plus haut. Il suffit quelquefois de trouver le bon fil, et la pelote toute entière vient à vous. Nul commentateur n’a jugé bon de procéder ainsi, je le déplore. La situation s’avère différente dans les milieux journalistiques. Être au cœur du cyclone vous confronte à une réalité qui vous affranchit sur certains sujets. En me livrant à cette enquête, j’ai constaté qu’une petite minorité de journalistes savaient à quoi s’en tenir sur l’identité de BHL. Ceux-ci figurent davantage au sommet de la pyramide qu’à la base. Si aucun d’entre eux n’a encore vendu la mèche cela va de soi. J’aurai l’occasion d’en donner les raisons. Mais je m’aperçois que je n’ai pas tout à fait répondu à la question que je posais plus haut.
Je possède un indéniable avantage sur ceux-ci et ceux-là : je suis mort en 1947. Je n’ai donc pas à craindre d’éventuelles représailles. Ni des mesures préventives d’intimidation. La calomnie même ne peut me toucher. Et puis, franchement, foi de Botul, je ne serais pas sorti du bois (de sapin n’est ce pas) si ce BHL de malheur n’avait, dans un livre sorti au tout début de l’année, tenu en ce qui me concerne les propos que l’on sait. Il me fallait réagir. Le cocasse de la situation n’échappera à personne. La firme BHL avait été prise une fois de plus la main dans le sac. Mais plus que d’habitude en flagrant délit d’imbécillité. J’ai préféré prendre mon temps pour me renseigner, lire une partie de ce qui avait été écrit sur le sujet, enquêter. Ce qui ma permis de découvrir ce secret, de polichinelle je dirais. Et puis en écrivant ce libelle j’entendais rendre la monnaie de sa pièce à un faussaire. Et, pour reprendre une formule célèbre en son temps, rendre la honte encore plus honteuse en la livrant à la publicité.
Des lecteurs sans doute se plaindront de ne pas retrouver le Botul qui, si j’en crois les gazettes, ferait leurs délices. Ces botuliens me retrouveront sans trop tarder, je pense, puisque l’exploitation de mes archives par “L’association des amis de Jean-Baptiste Botul” se poursuit. D’autres publications seraient envisagés. On comprendra que je ne puis ici en dire davantage. Cependant il me semble que Les preuves de l’inexistence de Bernard-Henri Levy devrait élargir le cercle de mes lecteurs. Je ne l’expliquerais pas par le sujet abordé qui, avouons le, supporte difficilement la comparaison avec Kant, Nietzsche, ou même Landru. J’ai dû pour écrire ce texte-ci me confronter à une pensée dont j’ignorais tout, celle de la seconde moitié du XXe siècle : j’entends là quelques uns des livres critiques marquants de cette époque, ceux là mêmes qui pouvaient me permettre de prendre la mesure d’un phénomène que j’étais loin de soupçonner à la veille de ma mort, en 1947. Ces explorations et découvertes m’ont été très utiles pour comprendre et disséquer le système BHL. Sans ces lectures les ouvrages signés BHL me seraient tombés des mains. Car ces derniers paraissent provenir de la lune pour un contemporain de Benjamin, Brecht, ou encore Bernanos. Mais brisons là pour en venir dans le détail à cette entreprise BHL.

La suite de ce texte est sur L’herbe entre les pavés

Jean-Baptiste BOTUL
Lairière, mars-avril 2010

Jean-Baptiste Botul a déja publié La vie sexuelle d’Emmanuel Kant, Landru précurseur du féminisme, Nietzsche et le démon de midi et La métaphysique du mou (tous aux éditions MILLE . ET . UNE . NUITS)

En guise de postface

Sous quelles conditions sociologiques et anthropologiques, dans un pays de vieille et grande culture, un “auteur” peut-il se permettre d’écrire n’importe quoi, la “critique” le porter aux nues, le public le suivre docilement – et ceux qui dévoilent l’imposture, sans nullement être réduits au silence ou emprisonnés, n’avoir aucun écho effectif ?
Que cette camelote doive passer de mode, c’est certain : elle est, comme tous les produits contemporains, à obsolescence incorporée.
Cornelius Castoriadis

(Illustration trouvée sur Forum Unité Communiste qui contient une belle petite collection de perles de Monsieur Dombasle aka BHL)

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