Image, magie
CHRONIQUES DE LA COUILLE ORDINAIRE - THE BOLLOCKS CHRONICLE (XXIX)
Duos habet et bene pendentes!
En 822 à Ingelheim, à proximité de Mayence (Allemagne), naît une certaine Jeanne (encore que parfois, il est affirmé que son vrai nom serait Agnès, Marguerite ou Gilberte)fruit des amours coupables d’un moine. Vers 848-850, elle quitte sa famille pour entreprendre des études en compagnie de son amant, un étudiant anglais. Déguisée en homme, elle se présente sous le nom de Johannes Anglicus (Jean l’Anglais). Elle étudie dans une université en Angleterre puis, part avec son amant étudier la science et la philosophie à Athènes.
Son amant étant décédé, elle part pour Rome où elle est recrutée comme lecteur des Écritures saintes avant d’entrer à la Curie. Selon certains, elle est même nommée cardinal. Le peuple romain qui l’estime pour son savoir et sa piété l’élit pape par acclamations. Deux ans plus tard, démasquée et puis séduite par un homme plus perspicace que les autres, elle accouche en public pendant la procession de la Fête-Dieu, entre la basilique Saint-Jean-de-Latran et la basilique Saint-Pierre. Selon les chroniques de l’époque, elle meurt lapidée par la foule ou en couches ou encore elle est simplement déposée. Depuis, les processions pontificales évitent de passer par la Basilique Saint-Clément-du-Latran, lieu de l’accouchement, dans leur trajet du Vatican au Latran.
Cette mésaventure aurait conduit l’Église à procéder à contrôler la masculinité des papes. Un cardinal serait charger de vérifier manuellement la virilité des papes nouvellement élus au travers d’une chaise percée de porphyre , une chaise dite curule qui s’inspire des sièges utilisés par les consuls et préteurs de la Rome antique . Si le résultat de l’inspection est concluant, il annoncera “Duos habet et bene pendentes” (“il en a deux, et bien pendantes”), annonce qui doit être saluée par les cardinaux par un vibrant “Deo gratias” (« rendons grâce à Dieu »). Si le candidat n’a qu’un testicule, l’annonce devient “Est unus” (“Il y en a un”) qui appelle de la part des cardinaux un “Sufficit” (“Cela suffit”). Si par le malheur, l’impétrant avait perdu ses attributs virils, le cardinal chargé de l’examen déclare: “Est nullus” (« Il n’y en a aucun ») auquel l’assemblée cardinalice doit rituellement répondre: “Deus providebit” (“Dieu y pourvoira”).En fait,il s’agit d’une légende pure et simple imaginée à partir du sobriquet de « Papesse Jeanne » donné au pape Jean VIII pour fustiger sa mollesse face à l’Église de Constantinople, ou de celui d’une maîtresse particulièrement autoritaire du pape Jean XI.
L’image est une miniature du XVe siècle qui représente l’accouchement de la papesse Jeanne et qui illustre le Décaméron de Boccace le premier écrivain laïc qui a rapporté cette légende.






